Accueil et Intégration des Etudiants Haïtiens

Publié le par Momar MBAYE

Iba-Der.jpgUne suggestion au Professeur Iba Der Thiam

Cher Professeur, étant donné votre attachement à l’histoire et le soutien que vous manifestez à l’endroit du peuple haitien, les étudiants en particulier, je me permets de vous faire une suggestion dans le but de mieux accueillir ces derniers et faciliter leurs conditions de séjour.


La décision du président de la République consistant à accueillir des étudiants haïtiens sur le sol sénégalais n’a pas manqué de faire réagir nos compatriotes, diversement. Si certains contribuables ne comprennent pas pourquoi leur argent devrait servir à financer les frais d’études et de séjour des étudiants haïtiens au Sénégal,- quelle que soit la bonne foi qui sous-tend cette initiative,- d’autres sont d’avis que cette situation relève de la discrimination voire de l’injustice, étant donné que certains étudiants sénégalais n’ont ni allocation d’études ni logement et étudient dans des conditions on ne peut plus précaires. Mais là n’est pas le débat. Le vin est tiré, il faut le boire. Il n’est pas question que les étudiants qui sont déjà arrivés sur le sol sénégalais, rebroussent chemin, ou rencontrent des difficultés liées à leur intégration. Cela n’honorerait pas notre pays, du moins le président de République, qui a pris un engagement à la face du monde. Il serait donc intéressant, dans un élan panafricaniste, de mettre à contribution les Etats africains réunis autour de l’Union Africaine, afin de trouver la meilleure formule pour faciliter le séjour de ces étudiants, qui seront choisis selon des critères bien définis. Ainsi, il convient de proposer aux Etats membres de l’Union de mettre la main à la poche pour financer un programme d’études, comme cela se fait dans certains pays européens. Erasmus et Socrates en sont les exemples les plus patents. Chaque année, des étudiants roumains, anglais, italiens ou autres, quittent leur pays pour poursuivre leurs études en France, en Belgique ou dans un autre pays de l’Union Européenne le temps d’un semestre ou deux.

Ces programmes européens également ouverts aux enseignants et chercheurs, pourraient servir d’exemple à même de faciliter l’initiative prise par le Sénégal, qui ne serait plus le seul pays à tendre la main à un peuple victime des calamités naturelles. Ainsi Professeur, auriez-vous l’amabilité d’aborder ce débat au niveau du parlement ? Pourriez-vous aussi par la même occasion, inviter l’Etat du Sénégal à s’engager à respecter le délai de paiement des bourses d’études des étudiants sénégalais aussi bien au Sénégal qu’à l’étranger ? Cela éviterait à nos hôtes étrangers d’assister à ces scènes d’émeutes auxquelles les forces de l’ordre ont habitué les étudiants qui ne demandent qu’à  rentrer dans leurs droits.

Enfin, Professeur, dans le but de faciliter la mobilité des étudiants africains dans la sous-région, il serait nécessaire de travailler à la création d’un espace africain de l’enseignement supérieur, avec la signature d’une charte entre les différents pays qui souhaiteraient y adhérer. Quant au financement de ce programme, il pourrait se faire bien entendu sans le recours aux institutions internationales comme le FMI et la Banque Mondiale, mais avec l’appui des institutions financières africaines comme la Boad, la Bceao, etc, car il est grand temps que l’Afrique brise ses chaînes et vole enfin de ses propres ailes.

En espérant que ces propositions rencontrent une oreille attentive.

Momar Mbaye

mbayemomar@yahoo.fr

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