Prix Nobel de la paix :

Publié le par Momar MBAYE

Prix Nobel de la paix : Zut ! Wade encore zappé par L’académie suédoise. Par Momar Mbaye

Ce doit être la grande déception dans les rangs des libéraux sénégalais qui depuis 2000 rêvent d’une distinction pour leur leader, le président Wade, qui ne cesse de multiplier les actes de diplomatie au niveau international. Une fois de plus, le comité Nobel l’a zappé, sciemment.


Le président Wade lors du séminaire gouvernemental sur le bilan de l'alternance (week-end dernier)
Le président Wade lors du séminaire gouvernemental sur le bilan de l'alternance (week-end dernier)
S’il y a un président qui mérite un Nobel, c’est bien Abdoulaye Wade. Reste à savoir de quel Nobel pourrait être distingué l’homme le plus « diplômé » du Cap au Caire, le meilleur opposant sénégalais devenu l’un des pires présidents qu’ait connu le pays de la Téranga. Dieu sait qu’il a multiplié les initiatives en vue d’une reconnaissance internationale, de ses tentatives avortées de réconcilier Palestiniens et Israéliens, en passant par l’affaire Clothilde Reiss dans laquelle il soutient avoir joué un rôle ayant conduit au fléchissement du président iranien Mahmoud Ahmadinejad, l’ex ennemi intime du Sénégal dont la proximité avec son président a pris fin le jour où l’homme fort de Téhéran est accusé d’avoir livré des armes aux rebelles casamançais. 
Justement la Casamance, l’opposant Wade, avant 2000, avait promis de mettre fin au conflit armé en l’espace de 100 jours, et de ramener la paix définitivement dans cette contrée du pays en proie à une rébellion depuis trois décennies. Ce fut sans doute une plaisanterie, une farce de mauvais goût car aujourd’hui encore, les populations dans le Sud du Sénégal continuent à payer de leur vie les conséquences d’une situation qui a empiré, et que les pouvoirs politiques ont voulu résoudre rien qu’avec des mallettes bourrés de billets de banque et destinées non à ramener la paix mais à entretenir des rebelles. C’est un ministre de Wade même qui l’indique dans les colonnes d’un quotidien de la place : « C’est moi qui soigne les rebelles quand ils sont malades, qui achète les cercueils quand ils ont des morts, qui leur offre des télévisions, des portables», osait-il marteler lors d’une conférence de presse. Mieux, « les femmes des maquisards me connaissent très bien, elles viennent régulièrement ici chez moi, elles séjournent ici et elles connaissent les membres de ma famille… Le seul interlocuteur qui parle régulièrement avec le maquis c’est moi», daignait-il déclarer à la presse. Mais, ce n’est pas à cause des errements et terribles révélations d’un de ses ministres que le comité Nobel a ignoré les efforts d’Abdoulaye Wade pour ramener la paix dans son propre pays, la Casamance en particulier. 
Si l’académie suédoise a encore une fois zappé le président sénégalais, ce n’est non plus nullement à cause de ses prises de position en faveur des rebelles ivoiriens d’abord, ensuite libyens du CNT en partie responsables de la situation de ni guerre ni paix dans le pays d’un colonel dont l'entêtement équivaut à celui de ses alliés d’hier qui aujourd’hui lui tournent le dos et réclament sa tête à tout prix, avec la complicité de l’Occident bien entendu. 
Enfin, si le comité Nobel a choisi d’honorer en 2011 des femmes pour leur lutte et leur ténacité dans la recherche de la paix dans leur pays respectif, il ne faudrait pas en vouloir aux membres dudit comité, qui en aucun cas, ne sauraient attribuer une distinction aussi prestigieuse à un président dont le pays s’achemine inévitablement vers des lendemains incertains, à quelques mois d’une élection présidentielle qui risque d’être la consultation électorale de tous les dangers. Etant donné que le président sortant, jusqu'ici, compte se maintenir au pouvoir en violation parfaite de la constitution de son pays où bouillonne la cocotte-minute sociale. Une regrettable candidature à la réélection d’une personne prête à sacrifier l’avenir d’un pays qui lui aura tout donné. Une situation de quasi-incertitude, qui fait que le pays de la Téranga, est aujourd’hui surveillé par ses partenaires financiers et bailleurs de fonds comme du lait sur le feu, et les ambassades étrangers, prêtes à évacuer leurs personnels et ressortissants s’il le faut. Car on ne peut décréter soi-disant œuvrer pour la paix dans le monde tout en posant à domicile des actes politiques dont les conséquences ont fini d’embraser des pays amis. Cela, si personne dans l'entourage présidentiel n’a osé s’en ouvrir à Wade, le comité Nobel vient de le faire sans le dire, en toute sagesse. Encore faudrait savoir lire entre les lignes. 
Momar Mbaye 
Thiesvision.com

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