SENELEC : Chronologie d’un mensonge d’Etat

Publié le par Momar MBAYE

Qui a peur de virer Samuel Sarr ?

Senelec«Avec notre ‘vaste’ programme Suxali Senelec, de production, de transport et de distribution d’électricité, il n’y aura plus de délestages en fin 2006». Ces propos de Samuel Sarr, alors directeur de la Senelec, devenu ministre de l’énergie, sont assez symptomatiques de l’état de déliquescence dans lequel le régime d’Abdoulaye Wade a plongé le Sénégal. Après dix ans d’exercice du pouvoir, les coupures intempestives d’électricité sont encore d’actualité, malgré les promesses d’ivrogne d’un ministre indigne de l’énergie. Retour sur la chronologie d’un mensonge d’Etat.

« On a beau dissimuler ses excréments au fond de l’eau, ils finissent toujours par remonter à la surface. »

S’il y a une personne qui se fout royalement de la gueule des Sénégalais, c’est bien Samuel Sarr, dont on ne comprend toujours pas, ce qu’il fout encore à la tête de la société d’électricité. A moins que celui qui l’a promu à ce poste et tarde à le virer, ait intérêt à ce que ce pirate et contrebandier de l’électricité, qui joue avec le porte-monnaie et la sécurité des Sénégalais, ait été nommé à ce poste dans le seul but de préserver des intérêts dont personne n’ose parler ouvertement. En quittant la direction de la société d’électricité, l’opinion pensait, que Samuel finirait ses jours en tôle, après que les parlementaires ou personnes accréditées l’auront audité, pour rendre compte et éclairer nos lanternes sur les milliards de Francs Cfa injectés dans ladite société, sans que cela serve à réduire ou à mettre fin aux coupures intempestives d’électricité. Loin de là. Sous le régime d’Abdoulaye Wade, la promotion des médiocres n’est pas le seul apanage du gouvernement, mais des sociétés nationales comme la Lonase ou la Senelec. Lors d’une visite en présence du directeur général de la Senelec d’alors, Cheikh Diakhaté, Samuel Sarr, qui continue de briller par son incompétence à la tête département de l’énergie, parlait de la mise en service de la centrale de Kounoune, ce qui devrait réduire considérablement les coupures d’électricité. Il avait aussi promis, qu’à partir du 15 juin 2007, la centrale de Kounoune allait tourner à plein régime après des mois de fonctionnement partiel. Sans mentionner l’installation par la Sogem, dans le même mois, d’une centrale en Mauritanie via le réseau interconnecté de Manantali, laquelle était censée apporter 40 Mw supplémentaires au réseau, entre autres promesses.

Samuel sarr c«Des actions seront menées pour que la Senelec retrouve un cycle d’exploitation normal», dans un délai de 60 à 90 jours, avait renchéri à l’époque, le ministre de l’Energie, qui tarde à nous dire ce qu’il est advenu des 10 milliards de Francs Cfa, que l’Etat du Sénégal a (ou aurait) mis à la disposition de la Senelec pour servir de garantie, un montant auquel il faudra ajouter les 17 milliards de Francs octroyés par la Banque Islamique de Développement (Bid) pour l’achat de combustible. Pour mieux appâter le consommateur qui est privé de courant électrique tout en payant des factures exorbitantes, le même ministre annonçait que 512 milliards de Francs Cfa seraient injectés dans le capital de la Senelec avant 2012, ce qui permettrait la réalisation de la centrale de Kahone en fin 2008, de celle de Tobène ainsi que l’achèvement de la ligne 225 kv Tobène-Touba. On se demande bien, ce qu’attendent les consommateurs, pour assiéger les locaux de la Senelec et exiger le départ sans conditions de Samuel Sarr, qui devrait être attrait illico presto devant le nouveau tribunal (fictif) dont parlait le président pour juger les délinquants et auteurs de crimes économiques… Le ministre de l’énergie, sûr de son impunité, avait juré, que le livre du journaliste Babacar Touré, « Le Triomphe de l’imposture, enquête sur l’énergie au Sénégal », ne serait jamais édité au Sénégal. Pour une fois, Samuel Sarr a tenu parole. Malgré les moyens immenses mis en œuvre pour briser la plume du journaliste, l’ouvrage, dont il est le principal protagoniste qui ne tient pas le bon rôle, a finalement été publié en septembre 2009 en France. On comprend pourquoi la meute enragée s’est ruée dernièrement sur Latif Coulibaly, qui, preuve à l’appui, démontrait dans son livre « Lonase, chronique d’un pillage organisé », que Baïla Wone, directeur de la Lonase (Loterie Nationale Sénégalaise), avait formulé par écrit, en septembre 2006, deux demandes de virement d’un montant de 250 millions de Francs chacune, sur un compte inconnu des services comptables de la Lonase. A l’instar de Samuel Sarr, Abdoulaye Wade avait viré M. Wone avant de le faire revenir à la tête de ladite société. On ne sera jamais édifié sur les 500 milliards de la Lonase, comme on ne saura jamais où Samuel Sarr a planqué les 21 milliards annoncés par l’actuel DG de la Senelec à la veille de la coupe du monde de football. A coup sûr, ce n’est pas Abdoulaye Wade, encore moins Samuel Sarr qui offrira une centrale nucléaire -pardon- l’énergie solaire gratuite à tout un continent… En fin de compte, Samuel Sarr, c’est comme un prêtre pédophile, qui, au lendemain de son inculpation pour attouchements répétés sur des enfants sourds, se retrouve porte-parole du Vatican avant de devenir Pape. Reste à savoir à qui profite le crime, s’il était le seul…« à abuser de l’intimité des jeunes garçons ». Quant à Senelec, c’est un peu comme la météo. La plupart du temps, elle est pourrie.

Momar Mbaye

mbayemomar@yahoo.fr

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