Vous avez dit, ministre de la diaspora ?
Une nomination de trop, sans doute, le nouveau ministère de la diaspora confié à Lamine Ba, devenu l’un des éléments les plus amovibles de ce que certains appellent, chez nous, un gouvernement. A quand le ministère chargé des autochtones, des nomades et sédentaires ? L’ancien ministre chargé des affaires humanitaires, Lamine Ba en l’occurrence, doit son poste à la situation chaotique que traverse Haïti, ce territoire si cher au président Wade, maître dans l’art du remaniement. Mais, l’on ne saurait comprendre la nomination du même Lamine Ba, quelques semaines plus tard, comme ministre de la diaspora. A supposer que ce nouveau ministère fraîchement sorti de l’imagination débordante du président, n’a rien à voir avec le ministère des Affaires Etrangères dont Madické Niang a la charge. Rien à voir non plus avec le ministère des Sénégalais de l’Extérieur dont s’occupe « si bien » Sada Ndiaye. Les exemples foisonnent dans le gouvernement. Pas lieu de s’alarmer lorsque des ministres se retrouvent sans bureau et sans siège au conseil des « mini-ministres », pour paraphraser les guignols de RFM. Parce que sous l’alternance, la fonction de ministre aura été dévaluée plus de 50% par celui que le Sénégal présentera comme candidat au championnat du monde de remaniement et de tripatouillage constitutionnel. Des nominations de circonstance, des décrets à tout-va, signés sur un coup de tête, la diaspora sénégalaise ne peut que se targuer de susciter autant de considération de la part du président Wade, qui à coup sûr, en fait trop. A vrai dire, un ministère de la diaspora, les immigrés, dans leur ensemble, s’en tapent royalement. Leurs préoccupations sont ailleurs.
Momar Mbaye