Youssou Ndour, bon sang ! Aurait-il perdu la tête ?

Publié le par Administrateur

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« Ceux qui s’attendent à ma descente dans l’arène politique peuvent déchanter.» Youssou Ndour

Depuis quelques jours, on entend plus parler des intentions voilées de Youssou Ndour et de sa descente éventuelle dans l’arène politique que de son nouvel album. Des déclarations que certains qualifieraient de chantage dû au refus des autorités sénégalaises d’octroyer une licence à la TFM.

Youssou Ndour dans l’arène politique, il va y avoir du « mbalakh » dans les urnes.

Le « Roi du mbalakh » n’a jamais été aussi présent sur la scène médiatique que ces derniers jours, tantôt pour parler de « Dakar-Kingston », dont certains se demandent pourquoi un album-hommage à Bob Marley seulement après 20 ans de carrière. Là n’est pas la question, mais plutôt les déclarations à la fois inquiétantes et ambigües de l’enfant de la Médina, qui pourraient être ressenties tantôt comme du chantage, tantôt comme un clin d’œil à l’endroit des tenants du pouvoir. Voilà une personne qui a toujours compté sur elle-même, un self-made man comme diraient les anglophones. Youssou Ndour, à l’heure où l’alternance valait encore quelque chose, avait décliné à la face du monde, la proposition du président nouvellement élu de faire de lui « le parrain de l’alternance », cette conspiration du 19 mars qui a fini par dégoûter les citoyens d’une république dont les institutions ont foutu le camp depuis fort longtemps. Depuis le blocage de TFM, les Sénégalais ont entendu tout et son contraire sur ce dossier en passe de devenir une « affaire d’Etat », puisque dans l’un comme dans l’autre camp, chacun campe sur ses positions. D’une part, Youssou Ndour veut nous faire croire que le « mouvement » qu’il s’apprête à lancer, n’aurait rien à voir avec le dossier TFM, alors que d’autre part, Abdoulaye Wade, sans apporter la moindre preuve ses allégations, tente de convaincre l’opinion que le financement de cette télé proviendrait de l’étranger. Et si c’était le cas, « who cares ? » Depuis quand les législations sénégalaises interdisent les investissements étrangers et depuis quand l’Etat du Sénégal est devenu allergique aux financements privés étrangers ? Qui est allé emprunter au nom des Sénégalais, pour soi-disant construire un aéroport inopportun, près de 350 millions d’euros, soit 230 milliards de Francs CFA sur les marchés financiers internationaux dont la Banque marocaine pour le commerce extérieur et la BNP Paribas ? Qui a associé les fonds indiens dans la recapitalisation des Industries Chimiques du Sénégal, sans mentionner la nouvelle compagnie aérienne sénégalaise « embryonnaire » qui a vraiment du mal à décoller à cause de l’incompétence d’un banquier amateur qui aurait appris à l’envers ses cours de comptabilité ? Qui est allé « mendier » devant les Arabes et les institutions internationales des milliards que le pauvre contribuable remboursera jusqu’au dernier centime sans en apercevoir la couleur ? Les exemples foisonnent. Il est tout à fait est compréhensible, que la « boussole de Médina », qui veut à tout prix sauver son investissement, commence à perdre le Nord au point de faire des déclarations à la limite insensées. Que viendrait faire le nom du président de la République dans la nomination du directeur de TFM ? Au nom de quoi Youssou devrait-il être prêt à accepter l’immixtion éventuelle d’Abdoulaye Wade dans la nomination du directeur de sa télé ? A moins que ce soit une intention voilée visant à préparer l’opinion à d’éventuels compromis, devant l’entêtement des autorités à bloquer le démarrage des programmes de la télévision d’un groupe de presse dont la radio s’est distinguée par sa liberté de ton. Malgré tout ce que représente Youssou Ndour dans le paysage médiatique, Abdoulaye Wade et compagnie ont sciemment et délibérément choisi de le faire « chier » et de l’humilier tout bonnement, pour qu’il arrête de faire de l’ombre à des incapables et contre-modèles qu’on voudrait imposer contre vents et marées au sommet de l’Etat. Les journalistes sénégalais, qui se disent d’investigation, ne vous diront jamais la vérité sur le financement douteux de Walf TV et de Canal Info ainsi que de certaines radios et journaux de la place. Après les bavures impunies, bienvenue dans le monde des médias en sursis, des médias pour la plupart à la solde des politiques, se disent d’opposition et aboient avec la meute, comme ce groupe de presse mis à sac en septembre dernier, et dont le président, qui peut-être souffrait de névrose traumatique, accusait Abdoulaye Wade « d’être le commanditaire de ces déboires », pour ensuite solliciter le même Abdoulaye Wade pour l’inauguration de ses locaux le 1er avril prochain. Certaines personnes n’auraient aucune gêne à maudire le diable au lever du jour et l’embrasser avant le coucher du soleil. Pour en revenir à Youssou Ndour, il n’a pas à justifier de sa bonne foi sur la provenance du financement de sa télé, étant donné qu’aucune loi sénégalaise ne l’y oblige, ou n’interdit à un « étranger » d’investir dans le secteur de l’audio-visuel, si ce n’est la volonté manifeste d’Abdoulaye Wade et de son clan de couper l’herbe sous le pied d’un « combattant » à qui ils ne feront pas de cadeaux. De deux choses l’une : soit on est avec Abdoulaye Wade, on le dit ouvertement, soit on est contre lui, et dans ce cas on prend ses responsabilités et on assume. Il n’y a pas de positive intermédiaire. A bon entendeur, bienvenue combattant !

Momar Mbaye

mbayemomar@yahoo.fr

 


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