Quand la politique monarchique refuse les critiques

Publié le par Momar MBAYE

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(Par Daouda Diop)
Malgré ses innombrables richesses dans tous les domaines, l’Afrique est toujours dans une position stagnante, refusant de se lancer en quittant ses starting-blocks. Les causes de cette  triste réalité sont loin d’être difficiles à trouver. Parmi celles-ci, la soif du pouvoir, la corruption, l’absence du respect des institutions républicaines, la banalisation de la souveraineté des peuples sont devenues monnaie courante et constituent le frein principal au décollage des nations dans cette partie du globe. N’ayant pas échappé à ce phénomène, le « pays de la téranga » est-il en train de ternir son image d’antan ?

Ce qui est sûr, c’est que depuis un certain moment, les dérives du régime de l’Alternance nous renvoient au non respect de l’éthique et de la déontologie républicaine. Et les Sénégalais y voient un pouvoir incapable de répondre à leurs préoccupations et à leurs soucis premiers. Il s’agit notamment d’un minimum de bien être : pouvoir manger à leur faim, avoir accès plus facilement aux soins et ne pas être les seuls citoyens à subir à chaque fois, les temps moroses. L’Etat a-t-il le droit d’hypothéquer l’avenir de toute une nation (surtout de la jeunesse) en grignotant au quotidien les valeurs fondamentales de notre démocratie ? Les sénégalais ont-il besoin d’un gouvernement qui change exponentiellement de visage, subissant les luttes partisanes et l’assouvissement des appétits de ces hommes politiques ? Chacun de nous sait que leur fonction n’est pas de profiter des largesses et des privilèges du pouvoir pour se tailler une puissance jusque là inexistante, alors que les plus faibles restent meurtris dans leur coquille de souffrance et de précarité. Quand on pense faire du pouvoir un legs familial ou un terrain d’ascension politique, on est en train de nourrir l’illégitimité et l’injustice. L’excellence a sombré, laissant la place au favoritisme, la probité au vol et la malhonnêteté, l’abnégation au travail à l’enrichissement illicite et à la triche. Quant au savoir et à la recherche scientifique, on préfère y jeter le voile, préférant rester en éternels suiveurs et consommateurs d’une production venue d’ailleurs. Du coup, nos Etats africains, plus particulièrement le Sénégal, sont passés de l’indépendance à la dépendance, ressuscitant le complexe de ce qui nous vient de loin. Le seul dessein de nos hommes politiques, c’est Bingo, l’avoir ! Nombreux sont maintenant, ceux qui, face à ce sillage de dérives de plus en plus inacceptables crient leur ras-le-bol. Certains même, perdant tout espoir de survie et gagné par une frustration à son summum, préfèrent emprunter la voie de l’immolation par le feu. Nous pensons qu’il est grand temps que le Sénégal se forge un leadership fort et clairvoyant, facteur indispensable pour asseoir un développement économique national à l’instar des grandes nations qui, il y’a de cela quelques décennies, s’affichaient comme de simples « pays en voie de développement ». Pour ce faire, l’urgence est au retour aux valeurs démocratiques et républicaines, à la fin des feuilletons de toute nature, de l’inaction et des tripatouillages. Notre pays ne pourra réussir ce défi si l’Etat réfute les échanges francs et constructifs, vivants et profonds. Bref, le régime devra, dans les jours qui viennent, se soumettre à la volonté du peuple sénégalais et prendre acte des critiques citoyennes. Toutefois, toute mouvance politique comme « Benno » devra en outre évacuer tout clientélisme captif et savoir que désormais, le pouvoir appartient au peule. Car même dans l’histoire, la royauté n’avait de sens que s’il y avait l’existence d’un peuple.  Nulla potestas nisi a deo !

 En avant le Sénégal, dans la paix et la fraternité pour une alternative constructive.

 

Daouda DIOP, doctorant en histoire économique du temps présent/Croissance et inégalité entre nations, UDS Strasbourg

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