Portrait / Momar Mbaye, la passion de l’écriture

Publié le par Momar MBAYE

Momar-portrait-alsace.jpg

Par Frédérique Meichler

Momar Mbaye, Mulhousien d’adoption et correspondant de presse, vient de publier son deuxième roman, « Les Miettes de l’Occident ». Parcours d’un mordu de l’écriture.

« J’ai toujours aimé écrire… Et lire. À partir de l’âge de 10, 11 ans, je dévorais les livres. »

Bon nombre de Mulhousiens connaissent Momar Mbaye pour l’avoir croisé sur le terrain, son carnet de notes à la main, il est correspondant des Dernières nouvelles d’Alsace. Mais son activité d’écriture ne se cantonne pas au journalisme. Il a déjà publié un essai (où il dénonce les dérives du pouvoir sous la présidence d’Abdoulaye Wade), une pièce de théâtre qui met en jeu les trois grandes religions monothéistes et un premier roman, La Sénégauloise à Matignon, fiction inspirée en partie par la carrière de Rama Yade au gouvernement.

Dans son dernier opus intitulé Les Miettes de l’Occident sous-titré « Confidences d’une négresse », il donne la parole à Magui, une jeune femme africaine qui quitte sa terre natale pour suivre son mari François, dans une région au climat hostile… l’Alsace. Momar Mbaye a choisi la forme épistolaire pour ce roman. « Dans ces choses que je décris, il y a beaucoup de choses vécues », confie-t-il.

Si Momar Mbaye est révolté par le sort réservé aux sans-papiers en France, les « bateaux-cercueils » qui jettent régulièrement des centaines de personnes à la mer dans l’indifférence de l’Occident ou la corruption du pouvoir dans beaucoup d’États africains, s’il ne supporte pas la xénophobie, il ne perd jamais l’espoir dans la capacité des personnes à ouvrir les yeux sur les injustices et à comprendre qu’on est tous des êtres humains… « Je veux faire tomber les préjugés. On peut rencontrer ici des gens très chaleureux et très généreux. Je me souviens de mon premier Noël en Alsace, j’ai immédiatement été accueilli dans une famille. »

Si certains personnages de ses romans peuvent sembler infréquentables, Momar Mbaye est adepte des retournements de situation. « J’écris pour sortir mes colères, c’est un peu comme une thérapie, indique-t-il, mais après, je reprends l’écriture et j’essaie d’adoucir cette colère, d’introduire l’humour aussi, qui permet de surmonter les choses… »

Ces lettres de Magui à son amie d’enfance restée en Afrique racontent des faits de la vie quotidienne, des dysfonctionnements de la société, dépeignent des personnes et leur rapport aux autres avec en toile de fond, toujours cette idée de répartition inéquitable des richesses et ces « miettes » de l’Occident qui ne valent pas la peine de mettre sa vie en péril.

Si aujourd’hui, la vie de Momar Mbaye est en France, à Mulhouse, — « Dès que je suis arrivé, j’ai reconnu cette ville comme mienne » — il n’exclut pas de retourner un jour au Sénégal pour aider son pays à se construire.

Il est né à Thiès, grande ville à 70 km de Dakar, a grandi dans une famille modeste mais très influente en raison de son appartenance à la confrérie des Mourides.

Son père qui enseigne l’arabe à l’école publique et qui est imam à l’école coranique, a poussé tous ses nombreux enfants, les filles comme les garçons, à faire des études. Il exigeait d’eux qu’ils soient toujours les meilleurs. « Ceux qui ne font pas d’études sont obligés de suivre ceux qui en font. Je ne veux pas que mes enfants soient des suivistes, nous disait-il… »

Très bon élève au collège et au lycée, Momar Mbaye a étudié l’anglais et les sciences politiques au Sénégal avant de rejoindre l’Université de Haute Alsace où il a poursuivi ses études d’anglais (jusqu’au master) puis en sciences de l’éducation.

Depuis 2009, il consacre toute son énergie au journalisme ; il tient un blog très lu par ses compatriotes en Occident mais aussi de l’autre côté de la Méditerranée, certains de ses articles sont publiés dans les plus grands quotidiens du Sénégal, Walf Fadjiri (L’Aurore) ou Le Quotidien.

Momar Mbaye est aussi membre actif de la communauté mouride qui vit en Alsace, il y trouve ses racines, la solidarité et l’entraide. Il projette de créer bientôt une association qui viendra en aide aux enfants des rues au Sénégal et qui s’appellera « Sene-Child Rescue ». Les enfants des rues sont d’ailleurs au centre de son nouveau roman qui est déjà écrit.

RENCONTRER Momar Mbaye dédicacera son livre, « Les Miettes de l’Occident » (18 €) à la Fnac de Mulhouse ce samedi 28 mai de 15 h à 18 h. Vous pouvez aussi consulter le blog de Momar Mbaye sur Internet.

Frédérique Meichler

L’Alsace

http://www.lalsace.fr/haut-rhin/2011/05/26/momar-mbye-la-passion-de-l-ecriture

Commenter cet article