Paroles d’ancien Premier ministre

Publié le par Momar MBAYE

IDY.jpgOte-toi que je m’y mette !

Dire que bon nombre de Sénégalais, en lisant la lettre de l’ancien premier ministre adressée à Abdoulaye Wade, s’attendaient à un scoop digne d’un épisode du feuilleton « Lui et moi ». Mais, l’opinion est tout bonnement restée sur sa faim, étant donné que le maire de Thiès, dans sa missive, ne nous apprend rien qu’on ne savait déjà, sur la candidature de Wade.


Si la démarche de l’ancien Premier ministre consistait simplement à requérir les avis d’éminents constitutionnalistes sur la recevabilité ou non de la candidature d’Abdoulaye Wade, il lui aurait suffit de consulter les archives sonores ou les articles de presse d’il y a quelques semaines à ce sujet. Car de brillants constitutionnalistes sénégalais, qui ne se sont pas fâchés avec la vérité ni avec la franchise, et sans langue de bois, s’étaient déjà prononcés sur la question, qui n’est plus à l’ordre du jour dans le débat politique actuel. Mieux, le principal concerné, Abdoulaye Wade en l’occurrence, au lendemain de sa réélection en 2007, avait déjà tranché la question. Là encore, les archives parlent d’elles-mêmes : « j’ai bloqué le nombre de mandat à deux, je ne peux être candidat en 2012, la Constitution me l’interdit », avait-il « confessé ».

Donc, la lettre du maire de Thiès, quoiqu’elle n’apporte aucune nouveauté dans ce sens, est révélatrice d’un certain malaise. L’ancien premier ministre, qui a dissout sa formation politique, vient de poser les prémices d’une énième rupture d’avec sa famille naturelle, le PDS dont il se réclame, et dont il ne sera probablement pas le candidat en 2012. Sauf retournement de situation, on s’achemine dans les jours à venir vers une déclaration de candidature de l’édile de Thiès, comme ce fut le cas en 2007. Quant à une quelconque absence du PDS à l’élection présidentielle, que l’ancien premier ministre se rassure : l’octogénaire, qui s’est déclaré candidat à trois ans des consultations électorales, compte bel et bien briguer, à nouveau, les suffrages de ses compatriotes. Seul le temps pourrait l’en dissuader car Wade s’en fout royalement de savoir si la constitution lui permet d’être candidat ou pas : sa volonté est au dessus de la loi, de la République et de ses institutions. Pas plus tard qu’en 2008, et suite aux avis négatifs des constitutionnalistes sur la modification de l’article 27 relatif à la durée et au nombre de mandats, Abdoulaye Wade ne s’est pas fait prier pour passer outre le texte constitutionnel. Reste à savoir s’il marchera sur les traces de Tandja, en modifiant la constitution, comme il en a l’habitude. Quant à sa candidature malheureuse et regrettable, elle n’est toutefois recevable que dans les maisons de repos ou autres services de gériatrie, qui l’accueilleraient volontiers. Et cela, c’est maintenant, et maintenant seulement que le maire de Thiès s’en aperçoit. Comme quoi, mieux vaut tard que jamais. Bienvenue dans l’arène, Mara.

Momar Mbaye

mbayemomar@yahoo.fr 

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