Délit de diffusion de fausses nouvelles :

Publié le par Momar MBAYE

Cheikh-Tidiane-Sy.jpgQuand Cheikh Tidiane « Scie » l’Article 255 du Code Pénal

« La publication, la diffusion, la divulgation ou la reproduction, par quelque moyen que ce soit, de nouvelles fausses, de pièces fabriquées, falsifiées ou mensongèrement attribuées à des tiers, sera punie d'un emprisonnement d'un à trois ans… » Art 255 du code pénal.

S’il y a un article du code pénal dont le pouvoir libéral a usé et abusé, c’est bien l’article 255 qui réprime la publication, la diffusion, la divulgation ou la reproduction de fausses nouvelles qui ne sont plus l’apanage de la presse sénégalaise. Après sa dernière sortie largement diffusée dans les médias, le ministre Cheikh Tidiane Sy a été désigné à l’unanimité par le jury du Nobel de la diffamation, le Molière de la paranoïa, le Goncourt du ridicule, la Palme d’or de la mise en scène et le Renaudot de la diffusion de fausses nouvelles.

« Les auteurs pourront être frappés d'interdiction de séjour pendant cinq ans au plus »

Les magistrats sénégalais devaient être les premiers à ranger leurs robes au placard pendant 24 ou 48 heures pour déplorer l’attitude de celui qui à ce jour occupe par usurpation le titre de ministre de la justice. Censé incarner le troisième pouvoir, Cheikh Tidiane Sy ne devrait pas attendre qu’on lui demande de démissionner, vu l’ampleur et la gravité du délit dont il l’auteur. S’il est capable d’avoir menti sciemment en parlant de coup d’Etat, il peut bien avoir menti sur autre chose, sur d’autres dossiers, et pourquoi pas, sur tous les dossiers qu’il a eus à gérer? Je ne parlerais pas du culot qu’il a eu de citer nommément à la télévision les personnes supposées avoir pris part à une conspiration contre l’Etat du Sénégal. Il appartient donc aux partis de l’opposition et à la société civile d’arrêter les condamnations verbales par voie de presse, mais de mobiliser la population entière pour exiger le départ sans conditions et dans les plus brefs délais de Cheikh Tidiane Sy de la tête du pouvoir judiciaire.

« La tentative du délit sera punie comme le délit consommé »

L’on peut dire sans se tromper que Cheikh Tidiane Sy a traîné dans la boue l’institution judiciaire, étant donné que l’article 255 va plus loin et punit l’auteur « d’une amende de 100.000 à 1.500.000 francs lorsque la publication, la diffusion, la divulgation, la reproduction, faite ou non de mauvaise foi, aura entraîné la désobéissance aux lois du pays ou porté atteinte au moral de la population, ou jeté le discrédit sur les institutions publiques ou leur fonctionnement. » Il semble que nous sommes bien dans ce cas de figure. Et dans tous les cas, renchérit le même article, « les auteurs pourront être frappés d'interdiction de séjour pendant cinq ans au plus. La tentative du délit sera punie comme le délit consommé; elle est constituée notamment par le dépôt légal au parquet du procureur de la république des exemplaires du journal ou de l'écrit périodique contenant les nouvelles fausses, les pièces fabriquées, falsifiées ou mensongèrement attribuées à des tiers. » Mais étant donné que le procureur reçoit ses ordres de Cheikh Tidiane Sy, on peut encore rêver. A moins que le président de la République mette un terme aux fonctions de Cheikh Tidiane Sy. On aurait au moins le sentiment que les institutions fonctionnent.

Momar Mbaye

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