Ben Ali, parti, Qui l’eut cru ?

Publié le par Momar MBAYE

!ben ali 2Jeudi soir, à l’heure où s’exprimait à la télévision le président tunisien, l’opinion était loin de se douter qu’il restait à Ben Aly que quelques heures à la tête de la Tunisie. L’ex régent de Carthage vient de sortir de l’histoire, non par la petite porte, mais par une bouche d’égout.

 

Triste fin de règne ! 2014, c’est le deadline que s’était donné Ben Ali pour quitter le pouvoir. Le destin -pardon-, le peuple tunisien à qui revient le dernier mot, en a décidé autrement. Le régent de Carthage ne voulait pas quitter le pouvoir. Finalement, c’est le pouvoir qui l’a quitté. Qui eut cru qu’en moins de 24h, Ben Ali deviendrait un indésirable SDF qui n’a d’autre choix que d’errer dans l’atmosphère, quémandant l’hospitalité ? Ses soutiens d’antan, qui jugeaient que la démocratie progressait en Tunisie, l’ont tout bonnement lâché.

Demain, la Tunisie, se réveillera sans président, du moins, sans son Ben Ali et le « clan Trabelsi», qui ont régné d’une main de fer pendant 23 bonnes années sur le peuple tunisien. « Ce 14 janvier 2011 est notre 14 juillet à nous », a dit un Tunisien qui a eu beaucoup de mal à contrôler son émotion.  

Grande première dans le monde arabe, la leçon tunisienne devrait ouvrir les yeux à ces « démo-cratures » qui fleurissent sur le continent africain, de même qu’à l’Occident qui a toujours justifié son soutien inconditionnel au régime de Ben Ali, par le seul argument de rempart contre l’islamisme.

La marche du progrès démocratique, violemment réprimée dans le sang, par « l’usage disproportionné de la force », pour reprendre les termes du Premier ministre français, s’est soldée par la victoire du peuple tunisien qui vient d’inscrire de sombres belles pages de l’histoire de ce qui fut Carthage. La liberté est très précieuse, elle ne s’offre pas, elle s’arrache ; elle a prix et les Tunisiens l’ont payé de leur vie.

Reste à se demander si le vent de la révolte, qui vient de balayer l’ombre du dictateur, épargnera les autres pays du Maghreb, et au delà l’Afrique tout entière. Ainsi finissent tous les dictateurs car chaque chose a une fin. Ben Ali et le clan Trabelsi l’ont appris à leurs dépens.

Momar Mbaye

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