Audiovisuel :

Publié le par Momar MBAYE

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Audiovisuel : Pour que cesse la promotion des lutteurs, et la diffusion abusive des combats de lutte

Du sport populaire qu’il fut jadis, la lutte traditionnelle est en passe de devenir une arène à grande échelle, un business doublé d’un dépotoir de grossièretés et d’invectives auquel il convient de mettre fin dans les plus brefs délais.

Ce qui est en train de se dérouler sous nos yeux est tout simplement dégoutant. Les images diffusées ce week-end en direct sur la chaine publique et reprises sur internet ne font que conforter l’idée selon laquelle la lutte sénégalaise est en train de pervertir la jeunesse. Si le président de la République a eu raison de fustiger à juste titre les « taatou laobés » à gogo sur les chaines publiques comme privées, on peut en dire autant pour la diffusion abusée et abusive des combats de lutte, dont l’objectif premier est de divertir les masses et les détourner de ce qui devrait être leurs préoccupations véritables. Car il n’y a que dans les pays sous-développés où le divertissement est relégué au premier plan, avec le soutien des autorités qui parrainent de pareils événements. Comme si on cherchait à convaincre les jeunes, que dans l’incapacité de trouver du travail, ils peuvent gagner des millions rien qu’en faisant du « body-building » et en se tapant dessus, ce qui constitue un mépris notoire à leur égard.

Il est toutefois désolant de constater que depuis que les businessmen se sont rués sur la lutte, ce sport a commencé à prendre des proportions démesurées dans notre pays. Désormais, la lutte traditionnelle occupe des devants de la scène médiatique tous les week-ends, sans compter les rediffusions en semaine, comme si la télévision sénégalaise n’avait rien de mieux à proposer aux téléspectateurs que de filmer des « naked wrestlers » qui se défoncent la mâchoire parfois dans une violence inouïe. Quand les promoteurs de lutte et responsables des chaînes de télé se substituent aux lutteurs pour échanger des coups de poing en direct sur les plateaux, on doit se demander s’il faut en rire, ou en pleurer.

Il est donc du ressort du ministère de la communication et du CNRA de remédier à cette situation qui ne grandit pas nos médias, notre pays encore moins. Je n’ai rien contre la lutte et les lutteurs, mais je trouve dégueulasse que des adultes, dans une quasi-nudité, soient autorisés à défiler toutes les semaines sur les écrans, devant un public d’enfants, d’adolescents et d’adultes, tout en monopolisant les programmes des différentes chaines de télévision. De toute l’histoire de l’humanité, la lutte n’a jamais développé un pays, contrairement à ce que veulent faire croire les promoteurs qui ne sont intéressés que par leurs profits.

J’en appelle à la responsabilité des présidents de groupe de presse, des directeurs de programmes, et de Moustapha Guirassy en personne, pour que cesse la diffusion abusive des combats de lutte qui ne font qu’entretenir la culture de la violence. Il y va de la sécurité de nos compatriotes et de l’avenir de la jeunesse qui se passerait volontiers de la promotion de ces lutteurs que l’audiovisuel sénégalais cherche à tout prix à faire passer pour des modèles de réussite. A bon entendeur !

Momar Mbaye

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